J’aurais voulu déjeuner seule,tourner un pot de moutarde entre mes mains, être vague, vague, complètement vague...
Françoise Sagan - Un certain sourire
Ch. 2
Ma vie n’est pas derrière moi
ni avant
J’aurais voulu déjeuner seule,tourner un pot de moutarde entre mes mains, être vague, vague, complètement vague...
Françoise Sagan - Un certain sourire
Ch. 2




C’est drôle... c’est drôle comme en lisant les romans de Françoise Sagan je retrouve en moi des émotions si différentes, états d’esprit contradictoires presque, mais qui ne manquent pas de logique. Le lit défait a été une lecture à la limite... parfois, c’était difficile de ne pas haïr Béatrice même si je la comprenais parfaitement. J’adore les phrases de F. Sagan qui renversent les règles, qui écrasent de (sa) manière comique les conventions :
- Ecoute, dit Béatrice, grimpe d’abord dans ce hamac, bois ton café chaud et respire doucement. Pas à fond, surtout, il ne faut jamais respirer à fond. Ni faire de la gymnastique tous les jours, ni éviter les graisses,ni se démaquiller soigneusement,ça vous tue en dix jours. Ou en dix ans, ce qui est pire.
Ch.9
On ne se rappelle jamais quand quelqu’un ne vous aime plus, sa voix, avant, disant « Je t’aime », on se rappelle sa voix disant « Il fait froid ce soir » ou « Ton chandail est trop long ». On ne se rappelle pas un visage boulversé par le plaisir, on se rappelle un visage distrait, hésitant, sous la pluie. Comme si la mémoire était, tout autant que l’intelligence, délibérément insoumise aux mouvements du coeur.
Ch.10
C’est un livre que j’ai beaucoup aimé, pour ses contrastes, pour l’atmosphère un peu lourde mais recherchée, pour cette histoire d’amour boulversé que seule Françoise Sagan sait m’offrir.
Nos pas s’accordaient comme nos corps la nuit; il me tenait la main; nous étions minces, plaisants, comme des images.
Françoise Sagan – Un certain sourire
Quand j’ai commencé La Petite Fadette, le mot qui me venait à la bouche était naïve. Peut-être parce’que je venais de lire un livre tout à fait différent, plein d’intrigues et de « préjugés »… Et j’avais l’impression de lire un conte… la campagne, les frères, les taquineries d’enfants… Eh bien, je suis arrivée à la fin, pour découvrir un livre plus subtile que je ne le croyais, un livre où Cendrillon s’avère pour une fine connaisseure de l’esprit humain :
"He is just what a young man ought to be," said she, "sensible, good-humoured, lively; and I never saw such happy manners!--so much ease, with such perfect good breeding!"
"He is also handsome," replied Elizabeth, "which a young man ought likewise to be, if he possibly can. His character is thereby complete."

El Manuscrito Carmesí - Antonio Gala
"Moi je me réserve la pièce du bas, une petite pièce blanchie à la chaux, basse et voûtée comme un réfectoire de couvent.
C’est de là que je vous écris, ma porte grande ouverte, au bon soleil.
Un joli bois de pins tout étincelant de lumière dégringole devant moi jusqu’au bas de la côte. A l’horizon, les Alpilles découpent leurs crêtes fines... Pas de bruit... A peine, de loin en loin, un son de fifre, un courlis dans les lavandes, un grelot de mules sur la route... Tout ce beau paysage provençal ne vit que par la lumière. "
Je ne sais pas si je peux écrire quoi que ce soit sur Sarinagara... C’est un livre qui m’a tellement marqué, qui m’a touché à un tel point que je ne peux même pas formuler une opinion cohérente. Ce que j’ai aimé le plus ? La fluidité du texte... il coule, il enveloppe une idée si fine et raffinée dans une toile parfois dorée, parfois grisâtre.
Une vraie leçon sur le Japon, un monde si différent que parfois nous ne faisons même pas l’effort de découvrir... nous l’oublions dans son exotisme éloigné. Un roman qui ouvre les yeux vers une sensibilité et un raffinement seulement possibles dans l’univers délicat des cerisiers.
Sarinagara est un cadeau, un fragment de vie, un livre qui émane le silence... mais qui transforme les drames dans des sublimes méditations d’une sérénité unique. Cette fois-ci je peux dire : un livre à mon goût !
Couché sur une bouche de chaleur
au coin de l’avenue Victoria et de la rue des Lavandières-Sainte-Opportune
un roi fainéant du pavé
se redresse titubant
plein à craquer
et hurle à la lune
[...]
Oui
quinze femmes je vous le dis comme c’est
m’attendent chaque nuit à la Fontaine des Innocents...
[...]
Si ça vous intéresse ce que je fais du fric je le met dans mon froc et j’attend l’heure
l’heure du marché aux fleurs
et quand c’est l’heure
j’achète des fleurs des tapées de fleurs
et je prend le train à la gare de l’Est
Oh vous ne savez pas ce que c’est à Paris que la gare de l’Est...
Jacques Prévert – LA FONTAINE DES INNOCENTS
Se ofuscó al saludarlo, y él se ofuscó más con la ofuscación de ella. La conciencia de que se comportaban como novios los ofuscó más aún, y la conciencia de que ambos estaban ofuscados acabó de ofuscarlos hasta el punto de que el capitán Samaritano lo advirtió con un trémolo de compasión.
Ludwig Von Beethoven